rodolphe

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À quel combat perdu d’avance s’apprête-t-il ? Et quel point fixe-t-il derrière l’objectif ? Qui imagine-t-il ? On ne sait pas si quelqu’une ou quelqu’un le regarde comme il veut être vu. Peut-être rêve-t-il de remonter le temps jusqu’avant la naissance de cela qu’il doit bien appeler un amour. Cela qui lui impose une élégance frêle. Cela qui l’a vaincu.

On ne sait pas s’il fut, en un passé si proche qu’il projette toujours son ombre sur l’image, le mari ou l’amant de celle qu’il aima. L’amant, disons l’amant : il en a la beauté, il en a l’âge et le prénom. Il se soumet au code des plaisirs défendus et des désespérances. Il sait l’oubli glacial* et il sait que la lame ne le sauvera pas.

Il occupe l’espace comme s’il s’agissait d’une page où écrire un poème parfait ou tracer les contours du triangle qui l’enferme dans la vanité des serments et des drames. On ne sait pas quelle gloire il espère ni quelle rédemption.

L’image de Rodolphe est tirée d’un négatif sur verre acheté au Marché Vernaison à Saint-Ouen le 31 août 2014

* En l’oubli glacial de votre éternité (Darzens, Rodolphe, Vers l’oubli, in Anthologie des poètes français du XIXe siècle, Alphonse Lemerre, éditeur, 1888)