marguerite

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Elle n’imagine pas cette disparition qu’annonce la lumière ardente de l’été. Elle ne parle plus à celle qui s’abime dans le blanc de sa robe. Elle a croisé les jambes, elle a croisé les doigts, enfermant en elle-même ce qui subsiste encore de cela qui s’achève. On ne sait pas, mais disons que celle qui s’efface est l’amie de toujours. Elle n’imagine pas la fin de l’amitié.

Que n’a-t-elle pas dit qui éloigne déjà sa pareille, sa soeur, sa complice des joies tout autant que des pluies ? Et quel prénom s’effeuille au nom de quel amour, pour un peu de tendresse ? Cela qui les sépare compterait davantage que le goût de l’enfance qui s’étale toujours dans l’été finissant ?

Elles se touchent pourtant à défaut de se voir. Comme si le soupçon, l’amertume ou l’ardeur n’étaient pas assez denses pour emplir le silence. Peut-être suffira-t-il d’un murmure ou d’un souffle, d’un nuage qui passe et apaise le jour pour dissoudre les ombres et pour que se dessine l’idée d’un pardon. On ne sait pas l’éternité de la jeunesse arrêtée avant l’heure des aveux.

L’image de Marguerite est tirée d’un négatif sur verre acheté au Marché Vernaison à Saint-Ouen le 31 août 2014