des lectures

Écrire à partir d’images photographiques, réelles ou imaginées, l’idée n’est sans doute pas neuve. Il y a certainement plusieurs livres qui procèdent de cette démarche d’interprétation d’une photographie, même en excluant les ouvrages de critiques, les essais, les reportages et autres textes de non-fiction. Depuis peu, et sans chercher, j’en ai rencontré deux : Eux sur la photo1 et Les gens dans l’enveloppe2.

Peut-être est-ce dans l’air du temps. Cette idée de soumettre en quelque sorte le texte à l’image. Peut-être est-ce un effet distancié de ce qu’on pourrait appeler la culture du multimédia ou du multicanal. Comme si on cherchait à introduire cette pluralité des supports de sens dans une production a priori monomédia, la littérature. La structure formelle de ces fictions « photographiques », leur esthétique, pourrait-on dire, va aussi dans le sens d’une inscription dans la culture du numérique (pour simplifier abusivement) : fragmentation de la narration, pluralité de voix et de formes (correspondance, dialogues, journal, narration « classique » se succèdent et se répondent), inscription dans la fiction (ou en parallèle) d’une réflexion métafictionnelle (fictive ou réelle).

Je vais donc, maintenant, chercher. D’autres livres, d’autres projets de fictions générées par une ou plusieurs photographies. Par plaisir et par curiosité. Mais aussi pour situer mes Immortalités par rapport à ces fictions apparentées par la naissance sinon par la manière ou la matière. Déjà, sur la future liste de lecture, L’image fantôme3 et Le voile noir4.

2015.10.17

Note : Si quelque lectrice, quelque lecteur me suggère quelque titre, je lui en serai littérairement et littéralement très reconnaissante.

1 Gestern, Hélène, Eux sur la photo, Arléa, 2013
2 Monnin, Isabelle, Les gens dans l’enveloppe, J.-C. Lattès, 2015
3 Guibert, Hervé, L’image fantôme, Minuit, 1981
4 Duperey, Anny, Le voile noir, Seuil, 1992 (coll. Points, 2003)