des formes

J’ai l’impression d’atteindre la limite de la forme que j’ai donnée aux premières fictions d’Immortalités. Avec Auguste, puis avec Arthur, je n’arrive que difficilement au format standard que je me suis imposé, et je ne suis pas certaine d’être satisfaite du résultat. Peut-être, donc, devrai-je changer de forme, me donner le droit d’en changer. En imaginant, par exemple, qu’il y ait plusieurs formats possibles, que toutes les images, tous les personnages ne peuvent donner lieu au même type de texte. Ouvrir ainsi la possibilité de textes plus courts, ou de dialogues, ou de description d’un élément du décor, ou d’aphorismes. En cette liberté de la forme réside peut-être, d’ailleurs, la solution au problème des séries et des familles, une image principale et son texte pouvant ainsi être accompagnés d’autres, plus fragmentaires. Car pourquoi, in fine, l’immortalité n’aurait-elle qu’une seule forme ?

2015.05.20

En écrivant la première fiction d’Immortalités, j’ai créé défini un format, inscrit des marques de fabrication (ce que j’appelle ainsi, ce sont mes tics d’écriture, les « comme », les « on ne sait pas », récurrents et décomptés). Cette forme-là n’a pas été donnée a priori, avant l’acte d’écrire. Elle s’est posée dans le texte, par le texte. La décision est venue après : j’ai décidé d’en reproduire certains éléments dans les autres textes, j’en ai choisi certains, dédaigné d’autres. Et j’ai, a posteriori, justifié ces choix. Or, d’autres formes auraient été possibles. Je pourrais réécrire chaque fiction dans une autre forme. Écrire d’autres fictions. Il me semble y avoir une infinité de fictions, de formes pensables à partir d’une même image. Je parle évidemment d’une « histoire » toute autre (un autre prénom, un autre destin), mais pas seulement. Je parle aussi d’écrire autrement la même histoire. De la développer, par exemple, jusqu’à en faire un presque roman ou, au contraire, de la réduire à une phrase, un haïku, trois mots.

2015.10.04

Je me donne donc cette liberté, aujourd’hui, avec Anna. Quelques phrases, un paragraphe à peine, un poème presque. Et l’idée d’une musique que j’imagine et qui viendra peut-être, pour cette image ou pour d’autres.

2015.10.15