barbara

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Appelons-là Marguerite ou Élisabeth. Ou Barbara. Plutôt Barbara. Nous ne savons pas, mais appelons-là Barbara. Car il est plus facile d’avoir une histoire lorsqu’on a un nom. Même si ce n’est pas celui qui nous a été donné à la naissance. Même si on ne sait que si peu de chose de ce qu’un nom veut dire. Pour qui le donne, pour qui le porte et pour qui le murmure ou le crie. Peu importe. Un nom nous est donné. Voilà : on peut avoir une histoire.

Quel âge a-t-elle ? Trente ans ? Nous ne savons pas : sur l’image, son visage est flou. Comme l’est peut-être l’image qu’elle a d’elle-même. En cet âge de l’indétermination où la jeunesse se fond en un dégradé plus ou moins progressif dans la maturité. On ne sait pas son âge, mais disons qu’elle est à ce moment de sa vie où les possibles sont à la fois moins nombreux et moins improbables. Ce moment où, sans tout à fait savoir où on va, on sait où on ne veut pas aller.

Elle se dirige vers le sommet de la colline. Portant dans l’axe idoine l’appareil photo qu’elle a sorti de sa sacoche et dont elle a déployé le soufflet un instant plus tôt. Qu’a-t-elle entendu par-delà les hauteurs qui l’a ainsi préparée à la capture ? Et quel autre appel lui a fait détourner le regard de son objectif vers celui de quelqu’un qui se tient, invisible de nous, à trois mètres d’elle, prêt lui aussi à la capture et qui la fait sourire à peine. On ne sait pas quel amour ce peut être.

L’image de Barbara est tirée d’un négatif sur verre acheté avenue de la République à Paris le 27 juillet 2014