arthur

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Il n’ira pas courir le monde, ne réalisera pas le rêve de sa mère qui pourtant voit déjà les côtes d’Amérique. On ne sait pas, mais disons qu’elle espère qu’il fera les conquêtes dont elle fut empêchée.

Lui regarde le sol du haut de ses sept ans comme pour s’y fixer, refusant par sa pose jusqu’à l’idée du large. Il n’aime pas la mer, ni le vent, ni l’ailleurs. Il voyage en lui-même et cela lui suffit. Peut-être écrira-t-il, un jour, cet ailleurs-là. Plus beau que le possible. Car il pense, tranquille. Et sa mère l’ignore. Elle ne comprend pas qu’il aime le silence pour l’espace qu’il laisse aux images et aux mots.

C’est un prénom de roi qu’elle a choisi pour lui, sans même imaginer les naissances latentes, les illuminations et les soirs bleus d’été. On ne sait pas de quels bagages elle l’aura chargé pour sa vie à venir, ni combien de poèmes il lui faudra écrire pour alléger leur poids.

L’image d’Arthur est tirée d’un négatif sur verre acheté au Marché Vernaison à Saint-Ouen le 31 août 2014